La gestion de la fin de vie des produits invendus ne pouvant plus être commercialisés dans les réseaux habituels est souvent un sujet épineux pour les industriels. Alors que, conformément à la loi AGEC de février 2020, toutes les entreprises ont mis en place des solutions pour gérer leurs invendus, peu parviennent réellement à valoriser leur waste simplement, sans perte de temps ni d’efficacité. La collaboration entre Danone et la start-up Phenix est un cas d’école de synergie “grand groupe – startup” au service du business et de l’impact.

Objectif « Zéro Gaspillage » pour l’industriel

Depuis 2021, un partenariat lancé entre Danone et la start-up Phenix, amène le groupe vers son objectif “zéro gaspillage”. Le leader français de l’industrie agro-alimentaire, en cohérence avec sa certification B Corp et son statut d’entreprise à mission, met en œuvre depuis plusieurs années des actions pour réduire le gaspillage des produits finis

Un travail mené sur 2 axes : en amont, limiter le gaspillage, produire au juste niveau et insuffler une culture “zéro gaspi ” dans toutes les activités de l’industriel. En aval de la production, organiser au mieux l’écoulement des invendus encore consommables pour qu’ils ne soient pas détruits mais consommés là où il y a des besoins. C’est le cas lorsque ces produits sont donnés ou déstockés à des associations avec l’accompagnement de la startup Phenix.

Objectif Zéro Waste sur le site de production de Danone à Brive, qui produit les productions d’alimentation infantile « First Diet »

Simplifier la gestion de la fin de vie des produits.

Au départ, un constat sans appel du côté de Danone : la recherche en interne d’associations et de soldeurs, non optimale et chronophage, se complexifie en raison des spécificités des produits invendus. C’est le cas par exemple des produits frais voire ultra-frais, ou bien des produits de nutrition spécialisée, qui nécessitent des démarches administratives plus contraignantes que des produits traditionnels. 

Les freins aux partenariats associatifs sont multiples. Dans un premier temps, le panel d’associations est limité, au regard des critères et du temps nécessaire à la qualification. Par ailleurs, la récupération des documents administratifs nécessaires à la défiscalisation du don, comme les cerfas, peut s’avérer fastidieuse.  Enfin, Danone identifie l’opportunité de gagner en réactivité entre l’identification des invendus et leur écoulement, et de développer une culture quotidienne du « zero waste » parmi ses équipes.

les associations d'aide alimentaire redistribuent les invendus de l'industriel en garantissant la traçabilité et la défiscalisation du don

Une plateforme digitale pour fluidifier et tracer les process

En faisant appel à Phenix, Danone optimise la valorisation de l’ensemble des produits, sur l’ensemble de la chaîne de production. Spécialiste de la gestion des dons et du déstockage aux associations caritatives, Phenix facilite la revalorisation de produits déclassés, en toutes circonstances. Pour relever ces challenges en un temps souvent très limité, Phenix a développé une plateforme tech, qui digitalise le parcours du don en un clic : traçabilité et gestion des rappels produits, planning de ramasses, documents administratifs, fluidification des process, destockage etc. L’apport de Phenix sera aussi de diversifier les partenariats avec les associations locales pour s’assurer que les produits bénéficient au plus grand nombre.

« On estime à 70 heures le gain de temps mensuel sur la gestion administrative des stocks dormants »

Une collaboration qui porte ses fruits, autant sur le plan de l’efficacité des process que de la réduction des coûts liés au stockage et au traitement des stocks “dormants”. Les process mis en place permettent à Danone de ne pas stocker trop longtemps des produits et de libérer de la place facilement pour les produits qui sont destinés à la vente en magasins. Les équipes Danone estiment le gain de temps sur la gestion administrative des stocks dormants à 70 heures par mois, tout en ayant la garantie que les solutions d’écoulement des invendus soient optimisées et parfaitement traçables. Une meilleure gestion du waste, c’est aussi une application concrète au quotidien de la culture “zéro gaspillage” sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise à mission.

Jean Moreau, fondateur de la startup Phenix conclut : ”A la clé de cet engagement, il y a évidemment un impact positif tangible sur l’environnement, avec l’équivalent de 1 700 tonnes équivalent CO2 évitées, soit 1000 allers-retours Paris-New York. Mais ce qui nous tient aussi à cœur, c’est l’impact sur la précarité alimentaire, dans un moment où notre réseau d’associations nous remonte unanimement une hausse considérable du nombre de personnes accueillies.” 

Un article tiré de la revue « Profession Logistique N°3 numéro décembre/janvier ».