En étudiant l’évolution du coût des déchets chez nos partenaires Phenix entre 2019 et 2023, nous avons constaté une confirmation de l’augmentation de la facture du traitement des biodéchets et du DIB. Pourquoi la facture biodéchets a explosé de 70% en 4 ans ? quels postes de dépense pèsent sur le traitement du DIB ? Face à cette augmentation et aux exigences légales, quelles solutions ont un impact sur les volumes de déchets et donc sur la réduction de leurs coûts ?

Dans le cadre des initiatives en faveur de la réduction des déchets les obligations légales se renforcent comme en témoigne la hausse significative de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) dont l’augmentation est fixée par la loi finance de 2019. Cette taxe appliquée aux DIB augmente progressivement jusqu’en 2025.

Le DIB est soit incinéré soit enfoui, deux traitements polluants qui génèrent des sous-produits non valorisables. La TGAP s’applique à chacune de ces filières pour atteindre des objectifs de réduction des tonnages enfouis/incinérés.

  • La TGAP la plus commune pour l’enfouissement est passée de 25€/tonne en 2019 à 37€/tonne en janvier 2021, et devrait atteindre 65€/tonne en 2025.
  • La TGAP la plus commune pour l’incinération reste plus modérée (12€/tonne en 2020). Elle a toutefois subi une forte hausse dès 2021, et devrait doubler d’ici 2025.

Le traitement du DIB est ainsi passé de 172€/tonne en 2019 à 245€/tonne en 2023. La taxe n’est pas le seul poste de dépense lié à la gestion des déchets. Viennent s’ajouter les coûts de stockage, de transport et de traitement.

Au premier janvier 2024, la séparation des déchets putrescibles ou biodéchets des déchets totaux est obligatoire pour tous les professionnels et particuliers dès le premier kilo produit. ( (Article 88 de la loi AGEC 2020-105.) Ce seuil impacte la totalité des magasins de la grande distribution.

Alors que les biodéchets peuvent être transformés en bioressources par compostage ou méthanisation, ces deux procédés sont impactés par la hausse des coûts de l’énergie. La méthanisation est un procédé énergivore, que ce soit pour déconditionner les produits (cas des biodéchets emballés), pour faire fonctionner l’usine ou encore pour la nettoyer (eau, électricité).

De plus, les plateformes de compostage et les unités de méthanisation sont peu nombreuses sur le territoire français. Cela implique des coûts de transport importants, qui pèsent lourd dans le coût de traitement des biodéchets. Les biodéchets sont également impactés par l’augmentation de la TGAP. En effet, la TGAP s’applique au traitement des emballages dans le cas des biodéchets emballés.

En améliorant leurs process actuels les acteurs de la grande consommation peuvent diminuer leurs déchets et avoir de réels impacts du point de vue économique et environnemental. 

La mise en place d’actions de lutte contre le gaspillage alimentaire, comme la vente à petit prix de produits en dates courtes ou le don à des associations, a un effet immédiat sur la réduction des volumes de déchets, de l’ordre de -30 à -50% dès les premiers mois, et à plus long terme jusqu’à -70 à -90%. Le don vers l’alimentation animale de denrées non consommables par l’Homme représente une solution supplémentaire et efficace pour réduire encore plus les biodéchets.