Dans le cadre de l’opération nationale pilotée par l’ADEME « Fruits et légumes : des solutions pour réduire les pertes et gaspillages alimentaires»*, Phenix a accompagné, en groupement avec I Care & Consult et La Coopération Agricole, 14 producteurs de fruits et légumes (coopératives et indépendants en France) afin de mesurer, réduire et mieux valoriser les pertes et le gaspillage alimentaires.

Les diagnostics réalisés au lancement de l’opération mettent en avant que :

  • Les sources de pertes sont multiples : non conformité aux normes et cahiers des charges (taille, maturité, forme, couleur, petits défauts, etc.), absence de débouchés commerciaux viables, problématiques de stockage, refus clients, etc.
  • Le taux moyen de gaspillage alimentaire observé est de 16,5% des volumes de production (de 3% à 52% selon les sites), les deux tiers étant générés à l’étape de la récolte (produits laissés au champs sans valorisation)
  • En moyenne, les pertes alimentaires représentent un manque à gagner de près de 20% du CA pour les sites témoins.

Plus de 100 actions identifiées pour réduire et valoriser les pertes alimentaires telles que :

  • Améliorer le monitoring et le suivi régulier des pertes (pour une mise en place rapide d’actions correctives)
  • Renforcer la formation continue des équipes et des saisonniers
  • Transformer des produits non conformes en plats préparés, confitures, soupes, etc.
  • Multiplier les clients (pour diversifier les cahiers des charges)
  • Mettre en place des partenariats pour la transformation des fruits et légumes comestibles déclassés
  • Développer la vente directe aux consommateurs ou via des filières de distribution anti-gaspi

Après 12 mois d’accompagnement, les résultats sont très positifs :

  • Les plans d’action engagés par les sites ont permis de réduire de 38 % en moyenne les gaspillages alimentaires sur la saison 2020.
  • Cette baisse des pertes et gaspillage équivaut à une économie moyenne de 315 k € (par an et par entreprise) et une réduction de 30 % de leur empreinte carbone.
  • Les actions qui permettent de réduire les pertes et gaspillages alimentaires sont de nature diverses et ne nécessitent pas forcément d’investissements importants. Certaines peuvent être mises en œuvre en quelques semaines (monitoring, formation, don aux associations), d’autres nécessitent plusieurs mois (recherche de nouveaux débouchés, modification des cahiers des charges).

Pour en savoir plus n’hésitez pas à nous contacter

Un accompagnement de terrain mené par nos experts

Retour sur la dimension opérationnelle de l’étude avec Léa Collin, consultante en économie circulaire au sein du pôle Engagement et Impact de Phenix. Cette équipe a mené le travail d’accompagnement des sites dans le cadre du groupement avec I Care & Consult et La Coopération Agricole, en pilotage par l’ADEME.

« Cette opération repose sur une double approche. La compréhension et la valorisation des pertes alimentaires. Nous nous sommes attachés à répondre aux trois questions suivantes : quelles sont les principales sources de gaspillage alimentaire chez les producteurs, comment les réduire et/ou mieux les valoriser ? Un accompagnement opérationnel a été réalisé comprenant notamment des rencontres avec les producteurs, la visite des sites de production, une observation minutieuse des fonctionnements dans l’objectif d’établir une cartographie précise des pertes par étape et par cause.

A noter que même si les sites ont été sélectionnés pour représenter un panel très diversifié, l’étude ne porte que sur 3 exploitations et 10 stations de conditionnement (des coopératives agricoles). Il ne s’agit donc pas d’utiliser les résultats de l’étude pour établir une moyenne nationale mais d’analyser des actions inspirantes et réplicables.

En matière de coût du gaspillage, il est important de réaliser une analyse en coût complet. Une tomate perdue dans le champ lors de la récolte aura un coût économique et environnemental moindre à une tomate perdue en sortie de conditionnement. Au fil du process de production, des frais et dépenses s’ajoutent l’usage de matériel, du conditionnement, de l’énergie ou encore des transports… ce qui peut augmenter la facture du gaspillage par 10.

L’objectif partagé avec L’ADEME n’était pas de montrer du doigt mais de valoriser les démarches existantes et favoriser leur développement. Les identifier, mesurer leurs impacts financier et environnemental pour constater un avant et un après. Prouver que ça fonctionne, c’est pour moi le meilleur moyen d’inciter au passage à l’action. »

Vous souhaitez en savoir plus sur les démarches possibles n’hésitez pas à contacter notre équipe.

Egalement sur ce blog notre article Les pertes et le gaspillage chez les producteurs : on en est où ? reprend de nombreuses informations sur le sujet des pertes et gaspillages à l’échelle des producteurs.

* Opération témoin « Fruits et Légumes » : des solutions pour réduire les pertes et gaspillages alimentaires menée par L’ADEME en groupement avec I Care & Consult, Phenix et La coopérative Agricole. Publication France 2021/09

Crédits photo de une : Caroline Attwood via Unsplash