Introduction : Don alimentaire : le guide complet pour sécuriser vos invendus et rester conforme
Chaque année, des milliers de tonnes de denrées encore consommables restent sans débouché, alors même que les besoins des associations d’aide alimentaire continuent de progresser. Pour les entreprises, la gestion des invendus alimentaires est devenue un enjeu à la fois réglementaire, opérationnel, logistique et économique.
Dans ce contexte, le don alimentaire s’impose aujourd’hui comme un levier incontournable de réduction du gaspillage alimentaire. Encadré par la loi Garot, il impose aux entreprises des obligations précises : interdiction de destruction des denrées consommables, formalisation des partenariats associatifs, respect des règles sanitaires, traçabilité des flux et conservation des justificatifs en cas de contrôle.
Mais sur le terrain, la mise en œuvre du don soulève encore de nombreuses questions opérationnelles :
- Quels produits peuvent réellement être donnés ?
- Comment gérer les DLC et les DDM sans risque sanitaire ?
- Quels documents doivent être conservés en cas de contrôle ?
- Comment garantir la traçabilité des produits donnés ?
- Comment sécuriser la valorisation fiscale des dons ?
- Que faire des invendus non éligibles au don ?
Ce livre blanc a été conçu comme un guide opérationnel pour accompagner les entreprises dans la mise en place d’une stratégie de don alimentaire conforme, sécurisée et efficace. Vous y retrouverez notamment :
- Les obligations liées à la loi Garot
- Les critères d’éligibilité des produits alimentaires
- Les règles sanitaires et documentaires à respecter
- Les bonnes pratiques de traçabilité
- Les mécanismes fiscaux applicables au don alimentaire
- Les solutions de revalorisation complémentaires pour les invendus non éligibles
L’objectif : permettre aux entreprises de transformer une contrainte réglementaire en véritable levier de performance économique.
La loi Garot : quelles sont les obligations et responsabilités des entreprises ?
Adoptée en 2016, la loi Garot encadre la lutte contre le gaspillage alimentaire en France et impose de nouvelles obligations aux acteurs de la distribution alimentaire.
Elle concerne principalement les commerces alimentaires de plus de 400 m², qui ne peuvent plus détruire des denrées encore propres à la consommation.
La loi prévoit également l’obligation, pour ces établissements, de proposer une convention de don à une ou plusieurs associations d’aide alimentaire habilitées. Cette convention définit les modalités de collecte et de transfert des denrées ainsi que les engagements de chaque partie.
Les dons alimentaires restent soumis aux exigences sanitaires applicables à toute denrée destinée à la consommation humaine. Les entreprises doivent notamment veiller au respect de la chaîne du froid, à la conformité de l’étiquetage, à la traçabilité des produits ainsi qu’au contrôle des dates limites de consommation.
En cas de non-respect de ces obligations, des sanctions administratives peuvent être prononcées. Au-delà des enjeux réglementaires, les entreprises demeurent responsables de la sécurité sanitaire des produits donnés.
Don alimentaire : quels produits sont réellement éligibles ?
La réussite d’une démarche de don alimentaire repose avant tout sur une identification rigoureuse des produits pouvant être redistribués dans des conditions conformes aux exigences sanitaires et réglementaires.
Tous les produits ne sont pas éligibles au don. La possibilité de redistribution dépend notamment :
- De leur niveau de risque sanitaire
- De leur conditionnement
- Du respect de la chaîne du froid
- De la présence des mentions réglementaires obligatoires
- Et de la capacité à assurer une traçabilité complète jusqu’à l’association bénéficiaire
Avant toute opération de don, il est donc indispensable de cartographier les invendus par rayon, d’identifier les catégories de produits concernées et de mettre en place des contrôles adaptés selon les typologies de denrées.
Cette identification peut être réalisée quotidiennement pour les produits frais, ou lors des pics saisonniers, fins d’opérations commerciales, changements de packaging ou surstocks ponctuels.
DLC, DDM : comment contrôler les dates de consommation sans risque ?
La gestion des dates est un point central du don alimentaire.
Les produits portant une DLC (à consommer jusqu’au) peuvent être donnés jusqu’à la date indiquée, à condition que :
- Le produit soit encore conforme
- La chaîne du froid ait été respectée
- La redistribution intervienne rapidement, généralement le jour même
Les produits portant une DDM (à consommer de préférence avant le) peuvent continuer à être donnés après dépassement de la date si le produit reste intact et propre à la consommation.
Les durées généralement admises sont les suivantes :
| Format de DDM | Don possible |
| Année seule | Sans limite spécifique |
| Mois / année | Jusqu’à 18 mois après la date |
| Jour / mois / année | Jusqu’à 3 mois après la date |
Certains produits frais en DDM peuvent également être redistribués quelques jours après la date lorsque leur état sanitaire reste conforme.
| Type de produit | Don possible | Détails |
| Produits frais (crèmerie, traiteur frais, produits réfrigérés) | Jusqu’à 10 jours après la DDM | Produit intact, non altéré, emballage sain, chaîne du froid strictement respectée |
| Produits surgelés | Jusqu’à 3 mois après la DDM | Chaîne du froid à -18°C maintenue en continu, absence de rupture de congélation, produit intact |
Don alimentaire : les contrôles indispensables sur l’étiquetage et l’état des produits
Pour être donné, un produit doit impérativement comporter les informations réglementaires nécessaires au consommateur final dans la langue du bénéficiaire :
- Dénomination du produit
- Liste des ingrédients
- Allergènes
- Date de consommation
- Numéro de lot
- Conditions de conservation si nécessaire
Les emballages doivent rester intacts et ne présenter aucun risque de contamination. Un produit ouvert, percé, coulant, gonflé ou présentant une altération visuelle ne peut pas être redistribué.
De manière générale :
- Les produits préemballés sont les plus simples à sécuriser dans un dispositif de don
- Les produits non préemballés ou très sensibles microbiologiquement nécessitent une vigilance renforcée
- Certains produits restent interdits au don malgré leur apparente conformité
Produits autorisés, interdits, sensibles : le tableau de référence du don alimentaire
| Rayon | Produit | Éligibilité | Exemples | Détails |
| Boucherie | Viande hachée crue, préemballée ou non | Interdit | Steak haché de bœuf, viande hachée de veau, haché de porc cru, haché de volaille | Risque microbiologique trop élevé. |
| Abats crus réfrigérés, préemballés ou non | Interdit | Foie, rognons, etc | Risque sanitaire élevé. | |
| Saucisses crues sans agrément sanitaire | Interdit | Chipolata, merguez, saucisse de Toulouse sans marque d’identification | Interdit au don en l’absence de la marque d’identification sanitaire officielle réglementaire. Si la marque d’identification est présente, le produit devient éligible au don. | |
| Farces et produits farcis crus réfrigérés préemballés ou non | Interdit | Tomates farcies à cuire | Risque microbiologique élevé sur les farces crues. | |
| Produits réfrigérés à base de viande crue, destinés à être consommés crus | Interdit | Carpaccio | Risque sanitaire critique pour les produits consommés crus. | |
| Viandes et volailles non préemballées | Interdit | Viande à la coupe, morceaux de poulet du rayon traditionnel | Tous les produits nus ou à la coupe de ce rayon sont interdits. | |
| Boulangerie | Pâtisserie à base de crème non cuite | Interdit | Choux à la crème, Forêt-Noire, éclairs, mille-feuilles | Risque de prolifération bactérienne critique. |
| Pain blanc | Interdit | Baguettes (rustique, aux céréales, etc) | Considéré comme du pain blanc/courant qui rassit trop rapidement. Les associations étant saturées de pain courant, il faut privilégier les pains spéciaux de garde. | |
| Produits vendus en boulangerie | Autorisé sous conditions | Viennoiseries, tartes, quiches, pain | Soumis aux conditions classiques (exclusion de la crème crue ou du pain blanc courant). Le donateur doit obligatoirement fournir la dénomination du produit, la liste des allergènes et la date de fabrication (obligation d’étiquetage). | |
| Charcuterie | Lardons | Autorisé | Lardons fumés | Ce sont les règles générales de conservation et de DLC qui s’appliquent. |
| Charcuterie non préemballée | Interdit | Jambon à la coupe | Les produits non préemballés de ce rayon sont exclus du don. | |
| Plats cuisinés vendus chauds | Interdit | Paëlla, couscous | Tout produit maintenu ou vendu chaud est strictement interdit au don. | |
| Poulets rôtis et plats cuisinés refroidis avant d’être donnés | Autorisé | Tartes, quiches, pizzas des points chauds, poulets rôtis | Autorisé si et seulement si les produits sont passés immédiatement en cellule de refroidissement et vendus au rayon libre-service froid (température de 4∘C). Seul le chaud est interdit. | |
| Crèmerie | Œufs (jusqu’à la date inscrite sur l’emballage) | Autorisé | Œufs coquilles | Le don est autorisé jusqu’à la date de consommation recommandée (DCR) inscrite sur l’emballage. |
| Crème cuite | Autorisé | Crème UHT | Produit stable thermiquement. | |
| Œufs cuits | Autorisé | Œuf dur, œuf liquide en sachet | La cuisson éliminant le risque de salmonellose, ce sont les règles classiques liées aux DLC qui s’appliquent. Le don au jour J0 est possible. | |
| Produits frais en DDM (beurre, fromages, etc) | Autorisé sous conditions | Beurre, margarine, camembert, raclette, etc | Les produits frais en DDM peuvent être donnés même après la date indiquée, à condition que le produit soit intact, non altéré et que la chaîne du froid soit respectée. Le don est possible jusqu’à 10 jours après la date de DDM si le produit reste consommable. | |
| Epicerie | Chocolats à l’alcool | Autorisé | Mon Chéri | Autorisé car le degré d’alcool est faible (inférieur à 1,2∘). |
| Fromage | Fromage non préemballé (à la coupe) | Interdit | Morceau de fromage issu du rayon à la coupe | Tout produit entamé ou découpé au stand est exclu. |
| Fromages entiers, préemballés | Autorisé sous conditions | Meule entière de fromage à raclette pasteurisée | Autorisé car le produit n’est pas découpé en magasin. En revanche, il est impératif de trouver une association partenaire qui possède un atelier de transformation ou de reconditionnement agréé. | |
| Poissonnerie | Produits de poissonnerie réfrigérés non préemballés | Interdit | Poissons entiers | Risque d’altération et absence de préemballage protecteur. |
| Produits réfrigérés à base de poissons fumés ou salés, préemballés | Autorisé | Saumon gravlax, saumon fumé | Traçabilité et conditionnement d’origine conformes. | |
| Coquillages et crustacés | Interdit | Crevettes, huîtres, moules | Strictement interdit pour des raisons de sécurité sanitaire majeure (exception faite pour les moules crues conditionnées en bacs thermoscellés industriels). | |
| Produits réfrigérés à base de poissons crus, destinés à être consommés crus | Interdit | Sushis | Risque sanitaire critique (parasites, prolifération bactérienne). | |
| Poissonnerie non pré-emballée | Interdit | Filets de poisson non emballés | Absence de conditionnement étanche d’origine. | |
| Saurisserie | Saumon fumé | Autorisé | Saumon fumé en plaquette | Respecter la chaîne du froid positive et la DLC. |
| Surgelé | Viande hachée crue, préemballée, surgelée | Autorisé | Viande hachée surgelée, steak haché de bœuf | Autorisé car congelé industriellement à cœur directement après production, contrairement au frais. |
| Produit surgelé en DDM dépassée | Autorisé | Légumes surgelés, plats préparés surgelés | Distribution possible jusqu’à DDM +6 mois (voire plus selon les conditions de stockage), en veillant aux qualités gustatives. Exception faite pour les poissons crus surgelés : maximum 6 mois après la DDM. | |
| Liquide | Boissons alcoolisées (degré >1,2∘) | Pas toujours | Bières, vin | Strictement interdit pour les associations d’aide alimentaire. En revanche, cela est autorisé pour d’autres types d’associations (culturelles et/ou sportives). |
| Boissons au CBD | Autorisé sous conditions | Boissons infusées | Autorisé tant que le produit est légalement commercialisable. Cependant, il est interdit aux associations d’aide alimentaire (au même titre que l’alcool), mais reste possible pour d’autres structures. | |
| Animalerie | Nourriture pour animaux en DDM dépassée | Autorisé | Croquettes | Les règles classiques liées aux DDM s’appliquent. |
Produits frais, surgelés, traiteur : les cas particuliers à anticiper
Certaines catégories de produits nécessitent des règles spécifiques de gestion et de contrôle.
Les produits surgelés doivent avoir conservé une chaîne du froid continue sans rupture de température. Les produits traiteur doivent respecter des températures réglementaires strictes et être refroidis rapidement avant redistribution.
Les produits entamés, reconditionnés ou sans traçabilité identifiable doivent être exclus du don.
Enfin, un principe simple doit toujours s’appliquer : un produit donné doit présenter le même niveau de sécurité sanitaire qu’un produit destiné à la vente.
Organisation du don alimentaire : comment structurer des flux conformes et traçables
Une fois les produits éligibles identifiés, le don alimentaire doit être encadré par une organisation rigoureuse permettant de garantir la conformité sanitaire, la traçabilité des produits et la sécurisation des responsabilités entre le donateur et l’association bénéficiaire.
Le don alimentaire ne se limite pas à une remise de produits : il implique un suivi précis des flux, des conditions de conservation et des documents associés tout au long de l’opération.
Comment choisir les bonnes associations partenaires ?
Toutes les associations ne disposent pas des mêmes capacités logistiques ni des mêmes équipements de stockage. Le choix des structures partenaires doit donc être adapté :
- Aux catégories de produits donnés
- Aux volumes à collecter
- À la fréquence des dons
- Aux contraintes de température
- Aux délais de redistribution
Les produits frais, surgelés ou à DLC courte nécessitent notamment des associations capables d’assurer une collecte rapide et de maintenir la chaîne du froid jusqu’à la redistribution.
Une mauvaise adéquation entre les volumes donnés et les capacités de l’association peut entraîner des pertes, des refus de collecte ou des risques sanitaires.
Traçabilité sanitaire : les obligations à respecter pour sécuriser les dons
Le don alimentaire reste soumis aux mêmes obligations sanitaires que la commercialisation de produits alimentaires.
L’entreprise doit être en mesure de tracer les produits donnés à chaque étape :
- Identification des références concernées
- Suivi des numéros de lot
- Enregistrement des dates de consommation
- Contrôle des températures
- Historique des collectes réalisées
La chaîne du froid doit être respectée en continu jusqu’au transfert des produits à l’association. Cela concerne aussi bien les zones de stockage que les conditions de transport.
Les produits frais et surgelés nécessitent une vigilance renforcée :
- Contrôle régulier des températures
- Limitation des temps d’attente
- Équipements de transport adaptés
- Enregistrement des incidents éventuels
En cas de contrôle sanitaire ou d’incident, l’entreprise doit pouvoir démontrer la conformité des conditions de conservation et de transfert des denrées.
Don alimentaire : qui est responsable des produits et à quel moment ?
L’entreprise reste responsable des produits tant qu’ils n’ont pas été officiellement transférés à l’association. Le transfert de responsabilité intervient généralement au moment de l’enlèvement des produits ou lors de la signature du bon de remise prévu dans la convention de don.
Pour sécuriser ce transfert, plusieurs éléments doivent être formalisés :
- La nature des produits remis
- Les quantités
- Les numéros de lot si nécessaire
- Les dates de consommation
- La date et l’heure de collecte
- L’identité de l’association bénéficiaire
Cette formalisation permet de sécuriser juridiquement les opérations et d’assurer une traçabilité complète des flux donnés.
Convention, bordereaux, suivi : comment formaliser les opérations de don
La convention de don est obligatoire pour les commerces alimentaires de plus de 400 m² soumis à la loi Garot. Elle permet de définir le cadre opérationnel des dons et les engagements de chaque partie.
La convention précise généralement :
- Les catégories de produits concernés
- Les fréquences de collecte
- Les responsabilités respectives
- Les règles de transport et de conservation
- Les modalités de traçabilité
- Les conditions de refus éventuel des produits
Avant toute contractualisation, il est également recommandé de vérifier le statut de l’association bénéficiaire ainsi que sa capacité à recevoir et redistribuer des denrées alimentaires dans des conditions conformes. L’ensemble des conventions signées doit être archivé et facilement accessible en cas de contrôle.
Contrôle fiscal ou sanitaire : quels documents faut-il absolument conserver ?
Chaque opération de don doit être accompagnée de documents permettant de justifier :
- La réalité du don
- La nature des produits
- Les quantités remises
- Leur valorisation
- L’identité de l’association bénéficiaire
Les principaux documents à conserver sont :
- La convention de don
- Les bons de remise ou bordereaux de collecte
- Les listings produits
- Les justificatifs de valorisation
- Les reçus fiscaux lorsqu’ils sont applicables
Les documents fiscaux associés incluent notamment :
- Le reçu fiscal CERFA 2041-MEC-SD
- La fiche de calcul 2069-M-FC-SD
Les justificatifs doivent être conservés pendant au minimum 6 ans afin de pouvoir répondre à un contrôle fiscal ou administratif.
La digitalisation des opérations permet aujourd’hui de sécuriser l’ensemble du processus :
- Signature électronique des conventions
- Archivage automatique
- Centralisation des justificatifs
- Historisation des collectes
- Reporting des volumes donnés
Une gestion documentaire structurée constitue un élément clé de sécurisation du don alimentaire, aussi bien sur le plan réglementaire que fiscal.
Valorisation et fiscalité : comment sécuriser et optimiser la gestion des invendus alimentaires
Le don alimentaire implique des enjeux fiscaux et comptables importants. Pour sécuriser les opérations et éviter tout risque de redressement, les entreprises doivent encadrer précisément la valorisation des produits donnés, le traitement de la TVA et la conservation des justificatifs associés. Une mauvaise valorisation ou une documentation incomplète peuvent remettre en cause les avantages fiscaux liés au don.
Défiscalisation du don alimentaire : calcul, plafonds et points de vigilance
Les entreprises réalisant des dons alimentaires à des associations éligibles peuvent bénéficier d’une réduction fiscale calculée sur la valeur des produits donnés, conformément à l’article 238 bis du Code général des impôts.
Le taux applicable est de :
- 60% de la valeur du don jusqu’à 2 M€ de dons annuels
- 40% au-delà de ce plafond pour la fraction excédentaire
Cette réduction reste soumise à un plafond annuel correspondant au montant le plus élevé entre :
- 20 000€
- ou 0,5% du chiffre d’affaires hors taxes
Lorsque le plafond est dépassé, l’excédent peut être reporté sur les 5 exercices fiscaux suivants.
Comment valoriser correctement les produits donnés ?
La valorisation des produits constitue un point de vigilance majeur en cas de contrôle fiscal. L’entreprise donatrice reste responsable de la valeur déclarée des produits remis aux associations. Cette valorisation doit être cohérente, documentée et justifiable à tout moment.
De manière générale :
- Les produits sont valorisés à leur coût de revient
- La valorisation peut intégrer les coûts directs d’achat ou de production
- Les produits dépréciés ou proches de leur DLC nécessitent une valorisation adaptée et justifiée
- Les produits impropres à la consommation ou détruits ne peuvent pas être intégrés dans l’assiette fiscale
L’association bénéficiaire n’est pas responsable de la valorisation retenue par l’entreprise.
Traitement comptable et réintégration fiscale : les erreurs à éviter
Les dons alimentaires nécessitent un traitement comptable spécifique.
L’entreprise doit notamment :
- Sortir les produits des stocks
- Enregistrer la charge correspondante
- Procéder à la réintégration fiscale extra-comptable
- Puis déduire la réduction d’impôt associée
La cohérence entre :
- Les volumes donnés
- Les justificatifs de collecte
- Les valorisations retenues
- Et les écritures comptables doit pouvoir être démontrée en cas de contrôle.
TVA et associations : les points de vigilance à connaître
Le traitement de la TVA dépend notamment du statut de l’association bénéficiaire et des modalités initiales de récupération de TVA sur les produits donnés.
Une vigilance particulière est nécessaire concernant :
- Les associations reconnues d’utilité publique (RUP)
- Les organismes d’intérêt général (RIG)
- Les cas dans lesquels une régularisation de TVA peut être nécessaire
Le régime applicable doit être analysé au cas par cas afin de sécuriser les opérations de don et d’éviter tout risque de redressement fiscal.
Invendus non éligibles au don : quelles solutions pour limiter les pertes ?
Tous les invendus ne peuvent pas être redistribués aux associations. Selon les rayons, les contraintes sanitaires, les délais de consommation ou les capacités de collecte, certaines catégories de produits nécessitent des solutions de revalorisation complémentaires.
L’enjeu est alors de mobiliser le bon débouché au bon moment, en fonction de la nature du produit, de sa durée de vie et de son potentiel de valorisation.
Le stickage reste le premier levier activé en grande distribution. Il est particulièrement efficace sur les rayons frais libre-service à forte valeur et forte rotation, comme la boucherie LS, la charcuterie LS, la volaille LS, la crémerie LS ou encore la boulangerie. Dans un contexte inflationniste, cette solution s’est fortement développée et permet de préserver une partie significative de la marge tout en réduisant la casse.
Le don demeure la solution centrale de revalorisation, notamment sur les fruits et légumes, l’épicerie, la crémerie LS, la charcuterie LS et la boulangerie. Il permet de traiter des volumes importants, en particulier sur les produits à DLC courte ou les invendus non écoulés via le stickage.
Pour les rayons traditionnels, où les contraintes réglementaires et sanitaires limitent fortement le don et le stickage, les paniers anti-gaspi constituent une solution particulièrement adaptée. Ils sont largement utilisés sur les rayons traiteur, boulangerie traditionnelle, pâtisserie ou préparations réalisées sur place.
Enfin, lorsque les produits ne peuvent plus être consommés par l’homme, certaines filières d’alimentation animale permettent encore de valoriser une partie des invendus et de limiter les coûts liés aux biodéchets. Cette solution reste particulièrement pertinente pour certains produits de boulangerie, fruits et légumes ou denrées ne pouvant plus être redistribuées.
L’efficacité d’une démarche anti-gaspi repose ainsi sur une logique multi-solutions. Les magasins les plus performants combinent généralement plusieurs leviers de revalorisation afin d’adapter la réponse à chaque rayon, chaque typologie de produit et chaque contrainte opérationnelle.
Comment Phenix sécurise et simplifie la gestion du don alimentaire
Phenix est le leader européen de l’anti-gaspi conçu pour les entreprises. Phenix accompagne les entreprises dans la gestion et la valorisation de leurs invendus, en transformant une contrainte opérationnelle et réglementaire en levier de performance économique, sociale et environnementale.
Dans un contexte réglementaire exigeant, Phenix facilite la mise en œuvre du don alimentaire en mettant en relation les entreprises avec un large réseau d’associations partenaires, sélectionnées selon des critères de fiabilité, de capacité logistique et de cohérence avec les flux de produits.
Une plateforme dédiée à la gestion du don
Phenix met à disposition une plateforme digitale conçue pour simplifier l’ensemble du processus de don. Elle permet de piloter de bout en bout les opérations : identification des produits à donner, organisation des enlèvements, suivi des flux, gestion administrative et émission des justificatifs associés.
L’outil centralise également la traçabilité des dons et garantit la disponibilité des documents nécessaires en cas de contrôle, tout en facilitant le suivi opérationnel des volumes redistribués.
Un processus structuré et opérationnel
Le processus d’accompagnement s’articule autour de trois étapes clés : l’identification des produits disponibles, la mise en relation avec les associations et l’organisation logistique des collectes.
Grâce à son réseau de plus de 3 000 associations partenaires, Phenix est en mesure de répondre rapidement aux besoins des magasins, qu’il s’agisse de collectes régulières, de volumes exceptionnels ou de situations ponctuelles. Les collectes sont organisées en fonction des contraintes des magasins et des capacités des associations, en privilégiant systématiquement la proximité géographique afin d’optimiser les flux logistiques et de limiter les coûts de transport.
L’écosystème repose sur des associations sélectionnées pour garantir leur fiabilité, leur capacité de traitement et l’adéquation entre les besoins terrain et les typologies de produits donnés.
Une traçabilité et un suivi renforcés
Chaque opération de don est suivie et documentée de manière structurée. Les conventions, les bons de collecte et les justificatifs fiscaux sont centralisés afin d’assurer une traçabilité complète et conforme aux exigences réglementaires.
Le suivi est complété par des retours des associations, permettant de mesurer la bonne adéquation des dons et leur impact réel sur le terrain. Les équipes Phenix assurent également un support opérationnel réactif pour sécuriser chaque étape du processus.
Conclusion
Le don alimentaire est un levier essentiel pour réduire le gaspillage, optimiser la gestion des invendus et répondre aux obligations imposées par la loi Garot. Mais pour être sécurisé et conforme, il ne peut pas être improvisé.
La réussite d’une démarche de don repose avant tout sur quelques principes fondamentaux :
- Identifier précisément les produits éligibles
- Respecter les règles sanitaires et la chaîne du froid
- Contrôler les DLC et les DDM
- Garantir l’intégrité des emballages et la conformité de l’étiquetage
- Assurer une traçabilité complète des produits donnés
- Formaliser les opérations via des conventions et des justificatifs adaptés
- Conserver l’ensemble des documents nécessaires en cas de contrôle
Une organisation rigoureuse permet non seulement de sécuriser les opérations de don, mais aussi d’optimiser les flux, de limiter les coûts liés à la destruction et de maximiser la valorisation des surplus alimentaires.
Pour garantir le bon fonctionnement de l’ensemble de ces critères, l’accompagnement de Phenix est essentiel. Grâce à sa plateforme, son réseau d’associations partenaires et ses outils de traçabilité, Phenix permet aux entreprises de structurer leurs démarches de don de manière simple, conforme et efficace.
Page de contact
CTA : Contactez-nous
CTA : www.wearephenix.com