La loi AGEC – loi anti-gaspillage pour une économie circulaire – a mis en place l’interdiction de la destruction des invendus non alimentaires à partir du 1er janvier 2022. Une avancée qui fait suite à la loi Garot de 2016 qui interdit de jeter les invendus alimentaires. Voici quelques pistes à l’attention des industriels du non-alimentaire et des enseignes spécialisées pour mieux valoriser ces produits et contribuer activement à la réduction des déchets.

Comment éviter de jeter les invendus non alimentaires

Les invendus non alimentaires sont les produits neufs qui n’ont pas pu être écoulés via les circuits de distribution classiques. L’Ademe identifie ce gisement à 4,3 milliards d’euros(1). Un potentiel économique non négligeable, et un véritable enjeu écologique. Comment les acteurs de la grande distribution et les industriels peuvent éviter de les jeter ?

Liste des familles de produits non alimentaires invendus

Les invendus concernent tous les produits non alimentaires manufacturés : vêtements, produits d’entretien, d’hygiène, articles de sport, de puériculture, jeux et jouets, produits culturels…

Ces produits neufs ne peuvent pas être vendus pour plusieurs raisons :

  • Parce qu’ils sont passés de mode ou qu’il s’agit de fins de série ;
  • En raison de sur-stocks ou d’une surproduction ;
  • En raison de défauts mineurs qui altèrent la qualité du produit.

Ils ne peuvent être commercialisés via les circuits classiques, mais sont en parfait état de fonctionnement ; ils peuvent donc tout à fait être redistribués (donnés ou vendus) par d’autres circuits.

invendus non alimentaires
Les catégories de produits non alimentaires

Certains secteurs génèrent plus d’invendus que d’autres. C’est par exemple le cas du secteur culturel : livres, CD… Les invendus représentent 8,9% du chiffre d’affaires du secteur. C’est principalement en raison de sur-stocks que le secteur génère des invendus, et parce que ces produits ne peuvent être soldés en raison des lois protégeant les créations artistiques.

Certains secteurs génèrent au contraire peu d’invendus. Les produits d’entretien, d’hygiène et de soin, des produits de première nécessité, sont souvent valorisés par le don aux associations. Les vêtements représentent peu d’invendus en termes de pourcentage, mais en valeur, il s’agit du secteur où le gaspillage est le plus important.

Comment sont écoulés les articles invendus ?

D’après l’étude de l’Ademe, sur les 4,3 milliards d’€ de produits invendus, un tiers est encore jeté (détruit ou recyclé). La plus grande partie de ces produits est déstockée.

  • Le déstockage concerne 42 % des produits non alimentaires. Les articles invendus sont redirigés vers des magasins de déstockage (Action, Gifi…) ou le e-commerce spécialisé (Showroomprivé…). Ils sont alors vendus au rabais.
  • Le don concerne 21% des articles. Il s’agit de don à destination d’associations caritatives. Les associations sont preneuses de produits de première nécessité ou vêtements, articles de puériculture, qu’elles redistribuent à leurs bénéficiaires.
  • Le recyclage concerne 27% des invendus. Il existe certaines filières spécialisées dans le recyclage de vêtements, de produits de beauté, de livres… Dans le recyclage, le produit perd de sa valeur. Les habits sont par exemple transformés en textile isolant. Il est préférable de trouver des solutions plus valorisantes lorsqu’elles existent.
  • La réparation concerne 3% des produits (électroménager…). Une solution à développer dans le contexte de l’économie circulaire.
  • La destruction concerne 7% des articles en 2021. Elle est désormais interdite.

Mieux valoriser les invendus non alimentaires

L’économie circulaire a pour objectif d’éviter de jeter et de valoriser au mieux l’ensemble des produits, afin de réduire les déchets. Il est important également pour les industriels et les distributeurs d’éviter les surstocks en amont pour éviter de se retrouver avec des stocks invendus.

Favoriser le don des invendus aux associations

La loi AGEC « vise à encourager le don en faveur des associations de lutte contre la précarité et des structures de l’économie sociale et solidaire »(2). En effet, c’est une solution à la fois éthique et environnementale.

Phenix aide à cibler les associations d’aide aux personnes démunies qui peuvent bénéficier de dons en nature. Grâce à des partenariats engagés avec 1.500 associations sur le territoire, il est plus aisé de mettre en lien les entreprises avec les structures demandeuses. Un exemple : la marque de cosmétiques Shiseido a travaillé avec Phenix pour la gestion de ses invendus. En 18 mois, ce sont 233 palettes données, soit 500.000 produits redistribués à 12 associations bénéficiaires. La traçabilité des produits est accrue pour ces produits à haute valeur ajoutée, afin d’éviter le risque de revente.

En outre, les entreprises s’y retrouvent financièrement car elles peuvent défiscaliser leurs dons. Une
entreprise peut défiscaliser jusqu’à 60% des dons effectués à des associations, à hauteur de 0,5% du chiffre d’affaires. Une solution parfois plus avantageuse financièrement que le déstockage, et mieux valorisée d’un point de vue RSE.

Penser le cycle de vie du produit : de sa conception au réemploi

Certains articles non alimentaires sont concernés par les filières REP (Responsabilité Elargie du Producteur). C’est par exemple le cas du secteur du mobilier et des articles de sport.

produits non alimentaires
Redistribuer des produits non alimentaires aux associations

Dans le Cadre de la REP, c’est le producteur qui paie pour le recyclage ou le réemploi des articles dans sa filière. Cela incite souvent les industriels à repenser le cycle de vie de leur produit, et éviter le gaspillage de ressources.

Un des enjeux, pour toutes les filières de produits manufacturés, est de créer des produits moins soumis aux modes et au marketing. Le changement de gamme (obsolescence marketing) est la première cause de génération d’invendus. Des gammes plus durables, c’est moins de sur-stock en fin de saison.

La loi AGEC incite également à favoriser une conception plus durable (éco-conception) des articles. L’objectif est d’allonger la durabilité des produits, et qu’ils soient mieux réparables, réemployables ou recyclables en fin de vie.

Phenix aide les industriels à diminuer leurs stocks d’invendus et à favoriser des débouchés éthiques et écologiques. Les solutions sont adaptées à chaque entreprise, grâce à un accompagnement sur-mesure. Vous souhaitez faire un audit de vos stocks ? Contactez-nous !

(1) Télécharger l’étude de l’Ademe

(2) Source : Ministère de l’écologie