Face au fléau que représente le gaspillage alimentaire en France, la loi AGEC prévoit la création d’un label d’Etat visant à identifier et récompenser les acteurs qui agissent concrètement. Acteurs de la grande distribution, vous serez les premiers à pouvoir obtenir ce label, après avoir été audités sur 17 critères répartis en 4 catégories. On décrypte pour vous les critères du label anti-gaspi et leurs niveaux d’évaluation. 

La co-construction des critères du label anti-gaspi

Le label anti-gaspi a été co-construit – sous l’égide du Ministère de la Transition Écologique – avec différentes parties prenantes : acteurs de la grande distribution, représentants d’intérêt, associations d’aide alimentaire, l’ADEME, organismes certificateurs agréés et entreprises spécialisées dans la valorisation des invendus alimentaires comme Phenix. 

Les 17 critères du label anti-gaspi sont classés en 4 grandes catégories : 

  • Des critères transversaux qui évaluent la performance globale du point de vente en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire
  • Des critères concernant l’approvisionnement, l’achat et la fabrication des denrées alimentaires
  • Des critères concernant la commercialisation des denrées alimentaires
  • et des critères concernant la gestion des invendus

Chaque critère se décline en 3 niveaux de maturité qui apportent plus ou moins de points au magasin audité. Ces niveaux de maturité sont basés sur la fréquence et le degré de maturité du process évalué (des exemples concrets sont présentés plus bas).

A noter : le label anti-gaspi ne pourra être accordé que si deux critères incontournables sont respectés : 

  • En termes de gestion des invendus, le don aux associations caritatives doit être la priorité. Par ailleurs, une importance particulière est accordée à la qualité du don.
  • Le taux de casse (casse nette) du magasin ne dépasse pas un certain seuil (défini en fonction des taux de casse moyens constatés sur un panel représentatif de magasins)

D’autre part, les actions de prévention du gaspillage sont valorisées dans le label.

Critère performance du point de vente

Les critères transversaux du label anti-gaspi : la performance du point de vente en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire

Ici, les acteurs de la grande distribution seront donc évalués sur :

  • La précision du plan d’action lié au diagnostic et le suivi des indicateurs de performance
  • Le niveau de taux de casse 

Zoom sur le diagnostic, pré-requis à l’obtention du label : avant audit du magasin, celui-ci doit réaliser un diagnostic de ses actions de lutte contre le gaspillage alimentaire. A partir de ce diagnostic, le point de vente définira un plan d’action. Le magasin peut le réaliser lui-même ou bien se faire accompagner par une entreprise extérieure experte du gaspillage alimentaire, comme Phenix.

Deux critères bonus viennent s’ajouter aux premiers : 

  • Un bonus biodéchet : si le magasin recense ses volumes de biodéchets, les trace et est en mesure de lister leur contenu (de façon générale)
  • Un bonus sur la valorisation des biodéchets : le bonus est accordé si et seulement si le magasin met déjà en place le don aux associations ainsi que le don à destination de l’alimentation animale. 

Les critères concernant l’approvisionnement, les achats et la fabrication des denrées alimentaires

La seconde catégorie de critères du label anti-gaspi s’intéresse à la gestion des commandes, de la relation avec les fournisseurs à la gestion des stocks en magasin. 5 critères sont évalués ici :

  • Construire et adapter sa politique commerciale
  • Améliorer la gestion des commandes et des stocks
  • Intégrer le gaspillage alimentaire dans les relations avec les fournisseurs
  • Sensibiliser et former le personnel aux bonnes pratiques anti-gaspillage liées aux approvisionnements/achats/fabrication
  • Veille et mise en place de nouvelles pratiques de lutte contre le gaspillage alimentaire sur le périmètre des approvisionnements, achats et la fabrication des denrées alimentaires 
Critère commercialisation des produits

Les critères concernant la commercialisation des denrées alimentaires

Ici, l’auditeur se penche sur tous les aspects de la gestion des ventes : du contrôle des dates en rayon à la vente des produits en date courte. Là encore, 5 critères sont évalués : 

  • Sensibiliser et former le personnel aux bonnes pratiques anti-gaspillage liées à la commercialisation
  • Mettre en place des pratiques de rotations
  • Écouler les denrées à dates courtes ou DDM dépassées ou avec des défauts réglementairement acceptables
  • Sensibiliser les clients au gaspillage alimentaire au moment de la vente
  • Veille et mise en place de nouvelles pratiques de lutte contre le gaspillage alimentaire

Les critères concernant la gestion des invendus

Dans cette dernière catégorie de critères du label anti-gaspi, l’auditeur se penche sur la gestion des invendus du magasin : du don à des associations caritatives au don pour l’alimentation animale. 5 critères sont examinés : 

  • Promouvoir une optimisation du don comme solution de gestion des invendus
  • Veiller à la qualité des dons réalisés vers l’alimentation humaine
  • Sensibiliser et former le personnel aux bonnes pratiques du gaspillage alimentaire, liées aux invendus et au don
  • Valoriser vers l’alimentation animale
  • Veille et mise en place de nouvelles pratiques de lutte contre le gaspillage alimentaire

Zoom sur le critère “promouvoir une optimisation du don comme solution de gestion des invendus”. Là encore, l’auditeur évalue – pour chaque niveau de maturité – la fréquence et le degré de maturité du process.

  • Niveau 1 : le magasin s’en tient aux normes réglementaires : établir une convention de don avec une association d’aide alimentaire. Il effectue des dons ponctuels et garantit la traçabilité des produits donnés.
  • Niveau 2 : le magasin effectue des dons de façon régulière et est en mesure de justifier du caractère durable avec les associations. Il réalise aussi un suivi quantitatif des denrées données.
  • Niveau 3 : le don aux associations d’aide alimentaire est systématique, de façon à atteindre un niveau de gaspillage exemplaire. Au-delà de la traçabilité des dons et du suivi quantitatif des denrées données, le magasin formalise un retour régulier des associations partenaires. 
Critère gestion des invendus

L’attribution du label anti-gaspi 

Comme évoqué précédemment, pour chaque critère l’auditeur se basera sur 3 degrés de “maturité” définis au préalable qui rapportent plus ou moins de points au magasin. 

Sur la base du degré de maturité attribué à chaque critère, l’auditeur fournit une note par catégorie et – finalement – une note globale, au magasin. Cette note détermine si le magasin obtient effectivement le label ou non, ainsi que son niveau d’obtention. 

3 niveaux d’obtention sont possibles :

  • Le label anti-gaspi 1 étoile
  • Le label anti-gaspi 2 étoiles
  • Le label anti-gaspi 3 étoiles

A quoi correspondent ces 3 niveaux ? On vous en dit plus dans notre article dédié aux 3 niveaux d’obtention du label anti-gaspi.

A savoir : Le référentiel récompense les points de vente en constante progression. De cette façon, tous les 3 ans – à l’occasion de l’audit de renouvellement du label – si le score stagne ou diminue, le magasin se verra attribuer un niveau de certification moindre voire perdra le label anti-gaspi.