Réduire le gaspillage alimentaire est un enjeu majeur pour la grande distribution. En 2023, l’Etat a créé un label anti gaspillage à destination des acteurs de la chaîne agroalimentaire. Ce label anti gaspi permet d’identifier et de récompenser ceux qui oeuvrent pour la valorisation des déchets.

Pour obtenir la certification, les acteurs de la grande distribution sont audités sur 17 critères répartis en 4 catégories. Quels sont les critères du label anti gaspillage pour les supermarchés ?

La co-construction des critères du label anti gaspillage

Le label anti-gaspi a été co-construit – sous l’égide du Ministère de la Transition Écologique – avec différentes parties prenantes. L’ensemble des acteurs de la distribution étaient présents, ainsi que les acteurs de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Les associations d’aide alimentaire, l’ADEME, les entreprises spécialisées dans la valorisation des invendus alimentaires, comme Phenix, ont participé à l’élaboration du label.

Les 17 critères du label anti-gaspi sont classés en 4 grandes catégories. Des critères :

  • Qui évaluent la performance globale du point de vente en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire ;
  • Qui concernent l’approvisionnement, l’achat et la fabrication des produits alimentaires ;
  • Qui concernent la commercialisation des denrées alimentaires ;
  • Qui concernent la gestion des invendus.

Chaque critère se décline en 3 niveaux de maturité qui apportent plus ou moins de points au magasin audité. Ces niveaux sont basés sur la fréquence et le degré de maturité du process évalué (des exemples concrets sont présentés plus bas).

Critère label anti gaspillage

A noter : Les deux critères incontournables auxquels les organismes certificateurs sont vigilants : 

  • En termes de gestion des invendus, le don aux associations caritatives doit être la priorité. Par ailleurs, une importance particulière est accordée à la qualité du don.
  • Le taux de casse (nette) du magasin ne dépasse pas un certain seuil (défini en fonction des taux de casse moyens constatés sur un panel représentatif de magasins)

D’autre part, les actions de prévention du gaspillage sont valorisées dans le label.

Les critères transversaux du label anti-gaspi : la performance du point de vente en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire

Ici, les acteurs de la grande distribution seront donc évalués sur :

  • La précision du plan d’action lié au diagnostic ;
  • le suivi des indicateurs de performance ;
  • Le niveau de taux de casse.

Avant audit du magasin, celui-ci doit réaliser un diagnostic de ses actions visant à lutter contre le gaspillage alimentaire. A partir de ce diagnostic, le point de vente définira un plan d’action. Le magasin peut le réaliser lui-même ou bien se faire accompagner par une entreprise extérieure experte du gaspillage alimentaire, comme Phenix.

Deux critères bonus viennent s’ajouter aux premiers : 

  • Un bonus biodéchet : si le magasin recense ses volumes de déchets alimentaires. Quel contenu ? Combien de tonnes ?
  • Un bonus sur la valorisation des biodéchets : le bonus est accordé à deux conditions. Si le magasin met en place le don aux associations, et qu’elle oriente ses pertes alimentaires à destination de l’alimentation animale.

Les critères concernant l’approvisionnement, les achats et la fabrication des denrées alimentaires

La seconde catégorie de critères du label anti gaspi s’intéresse à la gestion des commandes, de la relation avec les fournisseurs à la gestion des stocks en magasin. 5 critères sont évalués ici :

  • Construire et adapter sa politique commerciale ;
  • Améliorer la gestion des commandes et des stocks ;
  • Intégrer le gaspillage alimentaire dans les relations avec les fournisseurs ;
  • Sensibiliser et former le personnel aux bonnes pratiques anti-gaspillage liées aux approvisionnements/achats/fabrication ;
  • Veille et mise en place de nouvelles pratiques de lutte contre le gaspillage alimentaire. Concerne les approvisionnements, les achats et la fabrication des denrées alimentaires.
label anti gaspillage
Un rayon date courte permet d’éviter le gaspillage alimentaire

Les critères concernant la commercialisation des denrées alimentaires

Ici, l’auditeur se penche sur tous les aspects de la gestion des ventes : du contrôle des dates en rayon à la vente des produits en date courte. Là encore, 5 critères sont évalués : 

  • Former le personnel aux bonnes pratiques anti-gaspillage liées à la commercialisation ;
  • Mettre en place des pratiques de rotation ;
  • Écouler les denrées à dates courtes, à dates de péremption limitées, à DDM dépassées ou avec des défauts acceptables ;
  • Sensibiliser les clients au gaspillage alimentaire au moment de la vente ;
  • Veille et mise en place de nouvelles pratiques pour réduire le gaspillage alimentaire.

Les critères concernant la gestion des invendus

Dans cette dernière catégorie de critères du label anti-gaspi, l’auditeur se penche sur la gestion des invendus du magasin : du don à des associations caritatives au don pour l’alimentation animale. 5 critères sont examinés : 

  • Promouvoir une optimisation du don comme solution de gestion des invendus ;
  • Veiller à la qualité des dons réalisés vers l’alimentation humaine ;
  • Sensibiliser et former le personnel aux bonnes pratiques du gaspillage alimentaire, liées aux invendus et au don ;
  • Valoriser les déchets alimentaires vers l’alimentation animale ;
  • Veille et mise en place de nouvelles pratiques de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Zoom sur le critère “promouvoir une optimisation du don comme solution de gestion des invendus”. Là encore, l’auditeur évalue – pour chaque niveau de maturité – la fréquence et le degré de maturité du process.

  • Niveau 1 : le magasin s’en tient aux normes réglementaires : établir une convention de don avec une association (Banque Alimentaire, Restos du Coeur…) Il effectue des dons ponctuels et garantit la traçabilité des produits donnés.
  • Niveau 2 : le magasin effectue des dons alimentaires réguliers et peut justifier de la pérennité du partenariat avec les associations. Il réalise aussi un suivi quantitatif des denrées données.
  • Niveau 3 : le don aux associations d’aide alimentaire est systématique, de façon à atteindre un niveau de gaspillage exemplaire. Au-delà de la traçabilité des dons et du suivi quantitatif des denrées données, le magasin formalise un retour régulier des associations partenaires.
Les fruits et légumes peuvent être sauvés de la poubelle en supermarché

L’attribution du label anti gaspillage 

Comme évoqué précédemment, pour chaque critère l’auditeur se basera sur 3 degrés de “maturité” définis au préalable qui rapportent plus ou moins de points au magasin.

Sur la base du degré de maturité attribué à chaque critère, l’auditeur fournit une note par catégorie et – finalement – une note globale, au magasin. Cette note détermine si le magasin obtient effectivement le label ou non, ainsi que son niveau d’obtention.

3 niveaux d’obtention sont possibles : le label anti gaspillage 1 étoile, 2 étoiles ou 3 étoiles. A quoi correspondent ces 3 niveaux ? On vous en dit plus dans notre article dédié aux 3 niveaux d’obtention du label anti-gaspi.

A savoir : Le référentiel récompense les points de vente en constante progression. De cette façon, tous les 3 ans – à l’occasion de l’audit de renouvellement du label – si le score stagne ou diminue, le magasin se verra attribuer un niveau de certification moindre. Cela pourra même engendrer la perte du label anti-gaspi.