Depuis 2020, la loi AGEC relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire instaure progressivement le tri à la source des biodéchets. Obligatoire pour les professionnels, la valorisation des biodéchets l’est à présent pour les particuliers.

Biodéchet, tri à la source : de quoi parle-t-on ?

Les biodéchets représentent près d’un tiers des ordures ménagères, selon l’ADEME. La valorisation des biodéchets permet d’éviter leur mise en décharge et de « remettre à la terre » ces produits essentiellement composés d’eau.

Quels sont les types de biodéchets ?

Le terme de biodéchet est défini par l’article L. 541-1-1 du Code de l’Environnement. Les biodéchets sont « les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, les déchets alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants… »

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Les biodéchets sont les produits susceptibles de finir à la poubelle, composés uniquement de matière organique. Concrètement, il s’agit des déchets suivants :

  • Les déchets verts : il s’agit des déchets de jardin, issus de la tonte, la taille des arbres, les feuilles mortes…
  • Les déchets alimentaires : les restes de repas ou issus de la préparation du repas : épluchures, trognons…
  • On peut y ajouter les papiers et cartons souillés.

On parle également de déchet organique ou de déchet fermentescible : un déchet « qui peut fermenter« , pouvant être traité par compostage ou par méthanisation.

Qu’est ce que le tri à la source ?

La loi AGEC contre le gaspillage alimentaire rend obligatoire le tri à la source des biodéchets(1). Le tri à la source est un tri en amont par les producteurs de biodéchets eux-mêmes. Ceci, afin d’éviter que ces biodéchets ne finissent dans la poubelle « tout-venant« .

Trier ses biodéchets est obligatoire ©Roman Mykhalchuk

Un tri en aval, après collecte des ordures ménagères, avait été expérimenté dans les années 2000, avec des usines de tri mécano-biologique. Ces usines, coûteuses autant qu’inefficaces, n’ont pas permis une valorisation des biodéchets efficace.

C’est pourquoi le tri à la source remplace aujourd’hui le tri des déchets en aval. Il existe plusieurs solutions pour mettre en pratique le tri à la source : compostage individuel, compost collectif, méthanisation…

Tri à la source des biodéchets : qui est concerné ?

Depuis 2010, le tri à la source des biodéchets a été peu à peu élargi à l’ensemble des acteurs. Aujourd’hui, ce sont tous les producteurs de biodéchets qui doivent trouver une solution pour éviter la poubelle.

Valorisation des biodéchets obligatoire

En 2010, la loi Grenelle 2 a imposé le tri à la source des biodéchets aux gros producteurs de déchets organiques (10 tonnes par an). Cela concerne la plupart des acteurs de l’agro-alimentaire, les transformateurs, les grandes surfaces, certains restaurants… Cette obligation de tri est élargie aux organismes produisant 5 tonnes de biodéchets par an.

Entre-temps, le Parlement Européen a mis en place l’objectif de l’obligation du tri à la source des biodéchets pour tous, au 31 décembre 2023. Pour se mettre en adéquation avec le droit européen, la France a ainsi abaissé ses exigences. Le tri des biodéchets à la source est donc obligatoire dès le premier kilo produit, depuis le 1er janvier 2024.

Compostage obligatoire ? Vos obligations en matière de tri

Les particuliers comme les professionnels doivent donc trouver une solution pour éviter de mettre leurs biodéchets à la poubelle. En ce qui concerne les particuliers, ce sont les collectivités locales qui doivent mettre en place une solution de tri à la source. Plusieurs solutions peuvent co-exister : compostage individuel, collectifs, collecte en porte-à-porte…

Les collectivités se chargent ensuite de traiter les biodéchets. Ils seront « remis à la terre » dans des points de compostage (le plus souvent industriels), ou transformés en biogaz via des points de méthanisation.

Professionnels : mettre en place le tri à la source

Les collectivités n’assurent pas la collecte des déchets des professionnels. Ceux-ci doivent trouver une solution pour l’enlèvement de leurs déchets. Quid des déchets organiques ?

Valorisation des biodéchets des professionnels : qui est concerné ?

La quasi-totalité des entreprises est concernée par le tri à la source des biodéchets, à petite ou grande échelle. En effet, dès lors que les clients ou les usagers produisent des déchets alimentaires, l’entreprise doit trouver une solution de collecte.

Compostage obligatoire ou non ? ©Daisy-Daisy

L’obligation concerne donc l’ensemble des acteurs du secteur privé ou public. Le volume de déchets est d’autant plus important lorsque l’entreprise produit elle-même des biodéchets : restaurants, cafés, traiteurs… Les acteurs de l’agro-alimentaire : producteurs, transformateurs, grandes surfaces, grossistes, sont, eux, concernés en premier lieu par le tri à la source.

Les solutions de valorisation pour les professionnels

Il existe diverses solutions de valorisation des déchets organiques. Les professionnels peuvent mettre en place une solution de compostage directement sur site. Pour les petits producteurs de biodéchets, cela peut consister à mettre en place un composteur sur le site de l’entreprise, et une collecte séparée dans les espaces de travail. Les plus gros producteurs peuvent mettre en place une solution de compostage ou de méthanisation directement sur site. Cela concerne les acteurs qui possèdent suffisamment d’espace et de volume de déchets pour mettre en place ce système.

Les autres entreprises peuvent faire appel à un prestataire qui réalise l’enlèvement de leurs déchets. Si la collectivité ne propose pas un tel service, l’entreprise doit faire appel à un acteur privé. L’enlèvement des déchets en règle générale, et donc des biodéchets, est un service payant pour les entreprises, facturé au poids. Le coût d’enlèvement des biodéchets est de plus en plus élevé. Il est donc important de réduire à la source sa production de déchets organiques, tant d’un point de vue financier qu’éthique.

Réduire les biodéchets à la source

Réduire ses déchets organiques, pour les entreprises, possède plusieurs avantages. Cela permet de réduire sa facture relative à l’enlèvement des déchets (facture biodéchets et DIB, Déchet Industriel Banal). Cela permet de réduire ses coûts de production et de valoriser financièrement des articles qui ne peuvent être jetés. Enfin, cela permet à votre entreprise de s’emparer de la question du gaspillage alimentaire et de proposer des solutions concrètes à vos clients. Des pistes qui pourront être valorisées dans votre bilan RSE et qui améliorent votre image de marque.

La réduction des biodéchets peut se faire à différents stades : ajuster la production, réduire ses invendus… Pour les magasins, les articles proches de la date de péremption peuvent être vendus en promotion, donnés à des associations ou valorisés en alimentation animale.

Toutes ces solutions mises bout à bout permettent de réduire significativement les biodéchets. Le magasin E.Leclerc des Herbiers, en Vendée, est ainsi passé de 74 bacs de biodéchets par mois en 2018 à moins d’un bac en 2022, grâce à l’accompagnement mené avec Phenix.

La démarche mise en place nous a permis de passer de 134 tonnes de biodéchets / an à 5 tonnes aujourd’hui. Cela représente une économie de l’ordre de 32K€ / an, auxquels s’ajoutent 5K€ économisés grâce au partenariat avec l’unité de méthanisation locale.

Hélène Delestre, adhérente du E.Leclerc les Herbiers

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(1) Loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire